【Exposition】D’une École des beaux-arts à l’autre : Yan Wenliang de Paris à Suzhou

Date: À partir du 1er novembre 2024
Lieu : Musée commémoratif de Yan Wenliang à Suzhou

【Exposition】D’une École des beaux-arts à l’autre : Yan Wenliang de Paris à Suzhou

Introduction:

Dates de l'exposition|À partir du 1er novembre 2024

Lieu de l'exposition|Musée commémoratif de Yan Wenliang à Suzhou

Commissaire d'exposition|Philippe Cinquini

Organisateur|Centre culturel public de Suzhou

Organisateur|Musée commémoratif de Yan Wenliang à Suzhou

Co-organisateur|Musée des Célébrités historiques de la ville de Suzhou

Commissariat|Culture & Arts CINQUINI

L’École des Beaux-Arts est unique au monde – c’est vrai à Paris et à Suzhou. Entre les deux, se trouve un personnage hors du commun: Yan Wenliang. Par nature et à travers leur ampleur matérielle, les monuments en Chine et en France témoignent devant l’histoire. Pourtant, sans l’homme, sans l’artiste, tout cela serait vide, inutile, vain… L’œuvre peut remplir les vides, résoudre les contradictions, encore faut-il le voir, le comprendre, rétablir les liens. C’est l’objet de notre exposition.

En 1933, Paul Valery donna une préface à l’exposition chinoise du Musée du Jeu de Paume dans laquelle il eut des paroles visionnaires : « En peu d’années, les jeunes artistes chinois ont eu connaissance de l’ensemble des œuvres européennes. Ils sont, en quelque sorte, en possession de deux passés, le leur et le nôtre […] deux manières de voir, prodigieusement différentes, se proposent à l’artiste. Que fera-t-il ? » Avec d’autres Chinois, Yan Wenliang a répondu à cette question en venant étudier en France, à l’École nationale supérieure des beaux-arts (ENSBA).

Yan Wenliang fut un artiste précurseur, il fut également un éducateur à l’avant-garde, qui à partir de son modèle parisien et français, développa d’une manière extraordinaire son École des Beaux-Arts à Suzhou. Cette institution devait être un exemple à suivre partout en Chine, mais aussi le pont pratique et symbolique d’un échange unique entre la France et la Chine. Aujourd’hui, Yan Wenliang nous apparaît comme « l’Hermès des Beaux-Arts chinois », un magnifique messager entre nos deux civilisations, entre nos deux modernités. À Suzhou, l’architecture des lieux en témoigne, comme le nom de l’École écrit en français sur le fanion officiel, comme les centaines de moulages en plâtre rapportés de France et d’Europe pour garnir les galeries de Suzhou à l’image de la forêt d’antiques de la cour vitrée du Palais des Études à Paris. Le fait que le « Palais romain » se dresse au milieu des jardins les plus célèbres de Chine ajoute à sa valeur, tel l’emblème d’un dialogue toujours possible, donc nécessaire, entre la Chine et la France.

Notre exposition a l’ambition de renouer le fil d’or entre l’École des beaux-arts de Suzhou et celle de Paris à travers l’œuvre de Yan Wenliang. Sans les peintures originales, leur image et les documents parlent d’autant mieux que les unes n’écrasent pas les autres. Un tel tableau sera donc mis en relation avec une archive, comme n’importe quel document qui a quelque chose à nous apprendre: si nous connaissons déjà l’un(e) ou l’autre, leur association présentée ici est inédite. Dans cette déhiscence se révèlera à la fois l’histoire française de Yan Wenliang, et celle de ses maîtres et de ses camarades.

Aussi, notre intention muséographique s’appuie sur une intuition: l’École des beaux-arts de Suzhou demeure le plus fidèle miroir dans lequel se reflète encore l’expérience si dense et si riche de Yan Wenliang en France et aux Beaux-Arts de Paris. Les salles elles-mêmes déroulent par leur scénographie les similarités entre les deux Écoles à Paris et à Suzhou (le Palais des études, les galeries, les ateliers…) ou bien encore d’autres lieux où Yan Wenliang a exposé ses œuvres en peinture à l'huile et où il fut récompensé, tel le Salon qui se tenait au Grand Palais à Paris, la plus grande exposition artistique du monde à l’époque.

Enfin, si Yan Wenliang est associé à d’autres artistes chinois, notamment Xu Beihong, c’est pour rappeler qu’il n’a pas agi seul, mais également pour mieux distinguer son œuvre et son action en France et en Chine. Beaucoup reste à découvrir, à préciser, à commenter, mais nous espérons que l’exposition « D’une École des Beaux-Arts à l’autre: Yan Wenliang de Paris à Suzhou » contribuera à mieux révéler au public ce que nous pouvons désormais appeler « l’École de Yan Wenliang ».

Soyez les bienvenus à Paris, à Suzhou!