【Conférence】Les Chinois aux Beaux-Arts de Paris ou la crise française de l’art chinois 1914-1955

Date: 18 octobre 2024
Lieu: Académie des beaux-arts de Shanghai de l'Université de Shanghai

【Conférence】Les Chinois aux Beaux-Arts de Paris ou la crise française de l’art chinois 1914-1955

M. Philippe Cinquini, professeur à l'Université d'études internationales de Shanghai, a été invité le 18 octobre 2024 à donner une conférence intitulée « Les Chinois aux Beaux-Arts de Paris ou la crise française de l'art chinois 1914-1955 » lors d'un colloque organisé par le département d'histoire de l’Académie des beaux-arts de Shanghai de l'Université de Shanghai, en collaboration avec le Centre de gestion de l'enseignement et de l'apprentissage de l’Académie des beaux-arts de Shanghai. La conférence a été animée par le professeur Zhang Changhong, directeur du département d'histoire et de théorie de l'Académie des beaux-arts de Shanghai de l'Université de Shanghai.

Une photo de groupe après la conférence avec le professeur Zhang Changhong, le professeur Philippe Cinquini et les enseignants de l'Académie.

Résumé de la présentation :

La présence des artistes chinois en France durant la première moitié du XXe siècle s’est fixée de manière exceptionnelle et durable à l’École des beaux-arts de Paris, au point qu’on puisse, à partir du dépouillement des archives nationales (cote AJ52), parler d’un « phénomène chinois à l’École des beaux-arts de Paris ». Ce phénomène a engagé plus de 130 élèves chinois inscrits dans les galeries et dans les ateliers de peinture et de sculpture entre 1914 et 1955. Aussi, cette présence à l’École des beaux-arts constitua une caractéristique essentielle du mouvement des artistes chinois en France et plus largement en Occident. À ce titre, ce phénomène a joué un rôle important dans l’évolution du champ artistique chinois moderne, sur le plan social, technique et artistique à travers un processus de « transfert culturel ». Ce phénomène fut possible grâce à une relation privilégiée qui exista entre la France et la Chine au début du XXe siècle (le « dialogue entre deux Républiques »). Mais l’École des beaux-arts fut aussi un espace de concurrence entre les différentes tendances artistiques modernes chinoises dont beaucoup des chefs de file passèrent par les ateliers de l’École. Parmi eux, Xu Beihong (1895-1953) occupa une place particulière car il développa une stratégie sociale et artistique cohérente qui posait comme fondamentales la formation artistique académique et l’expérience à l’École des beaux-arts de Paris. Cette expérience enrichie par la maîtrise du dessin académique, de l’anatomie artistique et de la peinture d’histoire, fut orientée vers une production inédite à bien des égards en Chine, à l’huile et à l’encre. Aussi, après une période consensuelle des années 1910 aux années 1920, il semble qu’à partir des années 1930, le phénomène chinois à l’École des beaux-arts de Paris alimenta essentiellement les pôles éducatif et artistique de Xu Beihong en France et en Chine. Ce phénomène chinois à l’École des beaux-arts de Paris, attaché à la formation académique et à l’art académique français, fut un élément dynamique dans l’élaboration de la modernité artistique en Chine au XXe siècle.