
Le 36e Congrès du Comité International d'Histoire de l'Art s'est tenu au Centre de Congrès de Lyon, France, du 23 au 28 juin 2024 sur le thème "Matière Matérialité". Ferit Orhan Pamuk, écrivain et lauréat du prix Nobel de littérature, a été invité comme conférencier d'ouverture. La dernière conférence organisée en France a eu lieu en 1989 sur le thème "Art et Révolution", en l'honneur du bicentenaire de la Révolution française.

Centre de Congrès de Lyon
Le Congrès du Comité International d'Histoire de l'Art est un événement académique international de premier plan, connu comme les Jeux olympiques dans le domaine de l'histoire de l'art, qui se tient tous les quatre ans, réunissant les meilleurs experts dans le domaine de la recherche en histoire de l'art du monde entier et jouant un rôle crucial dans l'orientation de la recherche et du développement de l'histoire de l'art dans le monde.
De 1873 à aujourd'hui, le Congrès a une histoire de plus de 150 ans, au cours de laquelle il y a eu plusieurs interruptions dues à des guerres et à des bouleversements sociaux, pouvant aller jusqu'à dix ou vingts ans, mais la recherche universitaire n'est jamais restée immobile.
Le Congrès est apparu en tant qu'organisation de conférence académique en 1873, et le premier congrès s'est tenu à Vienne. À partir de 1893, organisé presque tous les deux ans, le congrès s'est tenu à Nuremberg, Cologne, Budapest, Amsterdam, Lübeck, Innsbruck, Darmstadt, Munich et Rome. Ce n'est qu'en 1930 que le Comité International d'Histoire de l'Art est fondé à Bruxelles, plus tard sous la direction de l'UNESCO (Organisation des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Culture), en collaboration avec le CIPSH (Conseil International de la Philosophie et des Sciences Humaines). Ainsi, le comité existait déjà avant l'ONU (fondée en 1945) et n'a été transférée à l'UNESCO qu'après la création de l'ONU.
Le Congrès du Comité International d'Histoire de l'Art, dont l'objectif est "d'organiser une réunion tous les quatre ans, de maintenir le contact entre les sociétés nationales d'histoire de l'art et de veiller à la protection des œuvres d'art", a été alimenté dans les années 1930 par le développement des réseaux de communication et par l'augmentation du nombre des postes d'enseignants en histoire de l'art dans les universités du monde entier.
Le 36e Congrès du Comité International d'Histoire de l'Art comprend 93 sessions auxquels participent des chercheurs venant de 50 pays et continents différents.

Le professeur M. Philippe Cinquini de l'Université d'Etudes Internationales de Shanghai (SISU) a été invité à participer au Congrès de cette année, et a intervenu le mercredi 26 juin dans la session "Ruines de ruines. Matérialité et immatérialité des ruines dégradées" ; il y a prononcé un discours intitulé La possibilité d'une ruine : palais, marbres et antiques en Chine, entre exhibition et escamotage.
La possibilité d’une ruine : palais, marbres et antiques en Chine, entre exhibition et escamotage
Philippe Cinquini
(Shanghai International Studies University, Shanghai, China)
mercredi 26 juin 2024, 11h00 - 12h30
Salle Saint-Clair 3A, Centre de Congrès de Lyon
Résumé:
La tradition populaire chinoise a ses propres mots face à une ruine : « Le pays cassé, la famille morte ». En ce sens, la ruine est impensable et impossible en Chine : difficile à voir, à dire et à peindre. Il fallut le choc avec les puissances occidentales pour que l’idée de ruine et ses images circulent en Chine. Notre communication propose de confronter deux sites qui éclairent une stratégie de ruines qui provient d’une relation complexe de la Chine avec l’étranger. D’un côté le parc des ruines de l’ancien Palais d’Été à Pékin, les Xi Yang Lou – Palais européens, de l’autre un bâtiment intact et confidentiel, le Luo Ma Da Lou – Palais romain, soit l’ancienne École des beaux-arts de Suzhou.

Programme CIHA 2024