
Le 17 décembre 2023 à 10h00, s’est tenue la conférence « Wu Dayu aux Beaux-arts de Paris, à l'exposition de Strasbourg, à Hangzhou avec André Claudot » dans le cadre de la série évènementielle académique "Parcours du maître", organisée au Musée d'art de l'Institut de Peinture à l'Huile et de Sculpture de Shanghai. Animée par Fu Jun, directrice du Musée, la conférence a été donnée par Philippe Cinquini, professeur à l'Université d'Etudes internationales de Shanghai (SISU). Pendant une heure et demie, le professeur Philippe Cinquini a procédé à une rétrospective et à un partage merveilleux, combinant les documents historiques précieux et détaillés très appliqués au sujet de la conférence, pour permettre au public de comprendre clairement l'évolution artistique de M. Wu Dayu depuis le début jusqu'à la fin de sa carrière.

Photo de la conférence

Photos de la conférence

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Couverture de la présentation
Résumé de la présentation :
Les archives ont permis de mieux cerner le parcours de Wu Dayu en France, notamment à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1924, Wu Dayu (Ou Tai) avait travaillé pendant six mois dans les galeries des Beaux-Arts sous la férule magistrale de Louis Roger (1874-1953) – le fameux « Rouge » de ses biographies chinoises. Même s’il n’avait jamais intégré un atelier, cette période aux Beaux-Arts de Paris a marqué Wu Dayu d’autant qu’il dut y fréquenter des camarades chinois, élèves au même moment, tels que Xu Beihong, Li Jinfa, Liu Jipiao, Tang Jun, Pan Yuliang et d’autres. Sa participation à l’exposition de Strasbourg de 1924 mérite également d’être bien comprise pour bien voir la place qu’il occupait au sein du Phénomène chinois en France, notamment vis-à-vis de Lin Fengmian et de Lin Wenzhen.
Après son retour en Chine et désormais professeur de peinture occidentale au Guomei, Wu Dayu fut en contact plusieurs années durant avec un autre maître français, André Claudot (1892-1982) dont la manière de peindre et d’enseigner exerça une grande influence en Chine. Aussi, pour apprécier la position de Wu Dayu dans le champ artistique chinois moderne, il s’agit de bien situer sa production ancienne par rapport aux œuvres de ses concurrents chinois, tout en l’éclairant par l’exemple des productions de ses contemporains français. Il convient de tenir compte des œuvres subsistantes et de celles qui ont disparu, particulièrement de celles présentées aux expositions de 1929 à Shanghai et à Hangzhou. Si Wu Guanzhong a contribué à forger une sorte de « légende dorée » au sujet de son maître, l’élevant jusqu’aux cieux de l’abstraction à laquelle lui-même aspirait, l’historien doit comprendre la peinture de Wu Dayu dans son époque. Or, celle des années 1920-1930 et plus tard encore, semble s’inscrire dans une voie médiane, à bonne distance de l’académisme et des avant-gardes ; elle paraît encore être préoccupée par le dessin, la figure et l’Histoire. Ainsi, il n’est pas impossible de rapprocher la peinture de Wu Dayu, surnommé alors « Wu corps en général », des figures importantes de la peinture française d’entre-deux-guerres, dominée par le « Retour à l’ordre » tels Othon-Friesz (1879-1949) et André Derain (1890-1932), deux anciens fauves, ou encore Amédée de la Patellière (1890-1932). De son huile de 1929 intitulée Les bateliers (Yuchuan, 《渔船》) jusqu’à son grand tableau perdu (Yuefei, 《岳飞》), justement comparable à L’entrée des Croisés à Constantinople (1840) de Delacroix, la peinture de Wu Dayu démontre ses capacités techniques à la fois dans le dessin et dans la peinture réaliste, en plus d’une dimension épique qui rappelle bel et bien la création de Xu Beihong ou encore celle de Lin Fengmian, tout en nettement en marquant la distinction.