Introduction:

Le 5 décembre 2023, le forum académique de commémoration du 120e anniversaire de Wu Dayu, "le penseur avec les mêmes souhaits", s'est tenu dans la salle de conférence du jardin sud de l'Académie des arts de Chine, et l'exposition de documents académiques sur le 120e anniversaire de la naissance de Wu Dayu a été présentée simultanément dans la salle d'exposition du jardin sud. Dans le cadre d'une série d'activités académiques organisées à l'occasion du 95e anniversaire de la fondation de l'Académie des arts de Chine, près de 30 experts, universitaires et artistes venus de tout le pays et de l'étranger ont discuté en profondeur autour des deux thèmes suivants : "Recherche sur les techniques artistiques et les méthodes de peinture et de dessin de M. Wu Dayu" et "Recherche sur la théorie de l'art et la pensée sur l'éducation esthétique de M. Wu Dayu", afin de commémorer le maître et d'éclairer le présent. Divis é en deux parties, le forum a été présidé respectivement par Wu Dayong, doyen de l'école de peinture et d'art de l'Académie, et Feng Zhiguo, chef du département de peinture à l'huile de la même école.

Scène du forum

Scène de l'exposition de documents académiques

Scène du séminaire
M. Philippe Cinquini a été invité à participer au séminaire et a donné une discours intitulé « Wu Dayu chez Louis Roger à Paris et avec André Claudot à Hangzhou ».

M. Philippe Cinquini

Couverture de la présentation
Résumé de la présentation :
Les archives permettent de mieux cerner le parcours de Wu Dayu en France, notamment à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. En 1924, Wu Dayu (Ou Tai) travailla six mois dans les galeries des Beaux-Arts sous la férule magistrale de Louis Roger (1874-1953) – le fameux « Rouge » de ses biographies chinoises. Même s’il n’a jamais intégré un atelier, cette période aux Beaux-Arts de Paris a marqué Wu Dayu d’autant qu’il dut y fréquenter ses camarades chinois, élèves au même moment, tels Xu Beihong, Li Jinfa, Liu Jipiao, Tang Jun, Pan Yuliang et d’autres. Sa participation à l’exposition de Strasbourg de 1924 mérite également d’être bien comprise. Après son retour en Chine et désormais professeur de peinture occidentale au Guomei, Wu Dayu fut en contact plusieurs années durant avec un autre français, André Claudot (1892-1982) dont la manière de peindre et d’enseigner exerça une grande influence en Chine. Aussi, il s’agit de bien situer la production ancienne de Wu Dayu par rapport aux exemples français et vis-à-vis de ses concurrents chinois.
Pour apprécier la position de Wu Dayu dans le champ artistique chinois moderne, il faut tenir compte des œuvres subsistantes et de celles qui ont disparu, particulièrement de celles présentées aux expositions de 1929 à Shanghai et à Hangzhou. Si Wu Guanzhong a contribué à forger une sorte de « légende dorée » au sujet de son maître, l’élevant jusqu’au cieux de l’abstraction à laquelle lui-même aspirait, l’historien doit comprendre la peinture de Wu Dayu dans son époque. Or, celle des années 1920-1930 et plus tard encore, semble s’inscrire dans une voie médiane, à bonne distance de l’académisme et des avant-gardes ; elle paraît encore préoccupée par le dessin, la figure et l’histoire. Aussi, il n’est pas impossible de rapprocher la peinture de Wu Dayu, surnommé alors « Wu corps en général », de quelques figures importantes de la peinture française de l’entre-deux-guerres dominés par le « Retour à l’ordre » tels Othon-Friesz (1879-1949), André Derain (1890-1932), deux anciens fauves, ou encore Amédée de la Patellière (1890-1932). De son grand tableau perdu « 岳飞 Yuefei », comparé à L’Entrée des croisés à Constantinople de Delacroix, jusqu’à son huile de 1929 intitulée Les bateliers (《渔船》Yuchuan), la peinture de Wu Dayu démontre des capacités techniques dans le dessin et la peinture réaliste, avec une dimension épique qui rappelle bel et bien l’œuvre de Xu Beihong et celle de Lin Fengmian tout en s’en distinguant nettement.