Philippe Cinquini, LES PATRONS, du Nord au Midi, de l’ombre à la lumière - Les principes d’une exposition patrimoniale heureuse et cinématographique (“老先生们”——从北向南,从幽暗到光明:幸福的电影式文化遗产类展览的原则), Meishu 美术 Art Magazine, décembre 2021, p. 127-133.
Résumé:
Comme branche de l’histoire, l’histoire de l’art n’échappe pas au doute. Napoléon, un des personnages de notre exposition, disait : « L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord. » Pourtant, Jean Cocteau, qui apparaît aussi au détour de notre histoire, disait : « Le roman est un mensonge qui dit toujours la vérité ». Ainsi, entre l’histoire passée, à jamais perdue dans sa vérité complète, et la fable, pure invention qui traduirait le réel, il existe un chemin par lequel des œuvres – objets artistiques autant que documents historiques authentiques – pourraient être mises en scène comme dans un roman ou dans un film pour nous dire quelque chose de vrai sur l’histoire qui les a vues naître et la signification de leur beauté. Et comme à l’instant, parlant d’un même jet de Napoléon et de Cocteau – deux personnages qui n’ont vraiment rien à voir l’un avec l’autre – il est possible d’inviter dans le même récit, des images et des figures si diverses qu’elles confèrent la fantaisie nécessaire au plaisir et le sérieux utile à la connaissance. Dans cette histoire, une histoire racontée, une chose est bannie : « l’esprit de sérieux » qui aboutit à l’ennui, et dont se distingue absolument le sérieux qui donne envie de faire et de croire.







