Les artistes chinois à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (1914-1955)

Pioneering, Chinese Artistes Abroad in France and Chinese Modern Art : 1911-1949, Citic Publishing House, 2021

Les artistes chinois à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (1914-1955)

Philippe Cinquini, Les artistes chinois à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris (1914-1955) (巴黎国立高等美术学院的中国艺术家), dans Pioneering, Chinese Artistes Abroad in France and Chinese Modern Art : 1911-1949 (先驱之路:留法艺术家与中国现代美术 : 1911-1949), Citic Publishing House, 2021, p.248-251

Résumé:

« […] au sujet de mon élève, Fan Ying, sujet de la Céleste République. L’Empire était céleste, je suppose République idem. Fan Ying est un brave garçon, pas bête du tout, fort intelligent même, et qui a bien travaillé bien qu’un peu irrégulièrement. Je crois bien qu’il avait à gagner sa vie, sa pension étant plus que modeste. Donc, cher ami, donnez bons renseignements ».

Dans ce billet adressé à son collègue Raphaël Collin en juillet 1915, Fernand Cormon faisait coïncider, non sans humour, un regard daté (le Céleste Empire) avec la nouvelle situation politique  qui prévalait en Chine depuis 1912 (la République). Cette ironie à propos du contexte chinois lui permettait surtout d’évoquer avec affection un élève inscrit depuis mars 1914 dans son atelier à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Sans le savoir, le vieux professeur pointait le début d’une présence chinoise qui devait se développer rue Bonaparte avec une ampleur particulière durant toute la durée de la Première République chinoise, soit jusque 1949. En effet, les Chinois constituèrent le contingent d’élèves étrangers le plus nombreux entre les deux guerres mondiales dans les sections de peinture et de sculpture, loin devant les Américains et alors même que les Japonais avaient quasiment déserté l’École des beaux-arts.