Philippe Cinquini, "La Naissance des Beaux-Arts" ou la fabrique d’une exposition sur l’art français en Chine (美术的诞生——巴黎国立高等美术学院珍藏展策展手记), Meishu 美术 Art Magazine, avril 2020, p. 120-126.
Résumé:
Le mot « fabriquer » est intéressant et le philosophe Henri Bergson disait : « L'intelligence est la faculté de fabriquer des objets artificiels ». Or, une exposition consiste à donner une réalité matérielle à une idée ou à une « vision », et inversement, elle supporte la vision spirituelle d’une réalité matérielle, en l’occurrence les Beaux-Arts. Quel regard rétrospectif le commissaire porte-t-il sur l’exposition dont il a eu la charge ? Quel travail a-t-il mené de sa conception à sa réalisation ? Quels furent ses moyens et ses objectifs ? Si une exposition est comme un film dont le commissaire serait le réalisateur, comment en a-t-il écrit l'histoire avant d'assurer sa mise en scène ? En s’appuyant sur dix questions, souvent posées par les médias et le public, le commissaire de la « Naissance des Beaux-Arts » peut dévoiler le travail qui s’est opéré derrière le « rideau », derrière « la caméra ». Le plus souvent, les questions académiques s’y mêlent aux questions techniques et d’organisation. Par exemple, quelles œuvres choisir et sur quels critères ? Comment utiliser au mieux l’espace de l’exposition disponible ? Quels partis pris avoir pour la scénographie ? Dans une exposition, il y a aussi une dimension idéologique : de quel message l’exposition est-elle porteuse ? Sur quels projets futurs s’ouvre-t-elle ? Comment la situer et la comprendre dans la muséographie française et chinoise actuelle ?







