【Séminaire】“Les magnifiques paysages du Jiangnan” – Séminaire académique

Date: 28 février 2021
Lieu: Guoyunlou, Suzhou

【Séminaire】“Les magnifiques paysages du Jiangnan” – Séminaire académique

Introduction:

Le 28 février 2021, l'exposition collective "Les magnifiques paysages du Jiangnan" a été inaugurée à Suzhou, à la Guoyunlou. L'exposition a réuni huit artistes, dont Fernandal, Ge Yang, Jiang Zhusong, Lv Shun, Pan Daosheng, Ren Zhizhong, Shen Xingong et Wei Lu'an, pour présenter près de 40 de leurs œuvres à l'huile et à l'encre. M. Philippe Cinquini a assisté à la cérémonie d'ouverture et a prononcé un discours.

M. Philippe Cinquini lors de la cérémonie d'ouverture

Cérémonie d'ouverture

Le séminaire "Sur la culture de Jiangnan" s'est tenu le jour de l'ouverture

Le séminaire "Sur la culture de Jiangnan"

M. Philippe Cinquini a participé au séminaire

Discours de M. Philippe Cinquini :

Je suis très heureux d’exprimer devant vous et parler du Jiangnan, professeur Zhang à l’instant évoquait l’importance de la mer, je dirais que Shanghai a la chance d'être à côté de Suzhou. Quand on parle de la mer, on pense au voyage. Les sujets qui nous intéressent depuis 15 -20 années concernent la relation entre le voyage et les arts. L'art est au fond un voyage intérieur, artistique et esthétique.

C'est aussi les artistes qui vont voyager qui ont traversé le monde. Ce phénomène, vous connaissez très bien, concerne des artistes chinois qui sont partis à l'étranger en Europe, aux États-Unis, au Japon, mais aussi en France. On les appelle Liufa. Notre conviction est de penser que dans le domaine des beaux-arts, la relation entre la Chine et la France a été tout à fait particulière et plus importante qu'avec d’autres pays. Or, précisément la région du Jiangnan et les artistes qui en proviennent ont joué un rôle extrêmement important, on pourrait passer des heures et des jours à passer en revue dans l'Histoire, la création, et voir l'importance des artistes du Jiangan dans cette histoire, qui est l’histoire de l'émergence de l'art moderne chinois.

Au fond j'allais dire que Shanghai c'est un peu la laideur mais Suzhou c'est la beauté. Shanghai c'est la grosse ville, et Suzhou, c’est la beauté représentable. C’est une image toute faite évidemment, il n'y a pas de hasard de voir autant de gens et d'artistes Liufa qui proviennent de la région du Jiangnan, il y a des raisons très anciennes et très profondes. Evidemment je pense à Yan Wenliang, donc on parlera plus précisément tout à l’heure. Prenons une petite ville comme Yixing. Comment Yixing a pu produire à la fois Xu Beihong au début du mouvement Liufa, et Wu Guanzhong à la fin ? Ça fait étonnant. La même ville, la même petite ville du Jiangnan. On voit bien que dans le Jiangnan, il a des raisons intéressantes à étudier, de voir que voilà, des personnalités extrêmement fortes et très intéressantes et très courageuses avec la volonté d'apprendre. On parle de ceux qui sont allés spécialement en France. On ramène ce dont ils avaient besoin pour élaborer l’art moderne chinois. Là je vais être un petit peu sérieux, au fond c’est notre responsabilité commune. Chine-Jiangnan-France, on travaillait sur ce sujet.

Je suis toujours un petit peu marré quand j’allais en France. Il commence à être un peu difficile... de voir à quel point malheureusement le Japon a pris une importance trop grande dans la modernité, dans l'art moderne par rapport à la Chine. Donc il est temps pour nous, j’espère, de donner une importance plus grande à l'art moderne des Chinois et notamment à ces artistes Liufa qui ont été très importants en Chine dans la 2e moitié du XXe siècle. Évidemment à Suzhou, il y a l’Ecole des beaux-arts et des moyens. Comment ne pas voir dans l'Ecole des beaux-arts à Suzhou l'Ecole des beaux-arts de Paris ? C'est absolument incroyable.

C'est la même chose. Il y a une forme de jeu de miroir entre les deux. L’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris, c'est l'école des beaux-arts la plus importante à l’époque du XIXe siècle au début XXe siècle. Les étrangers les plus importants, ce ne sont pas les Américains, ce ne sont pas les Japonais, ce ne sont pas les Belges, ce sont les Chinois. Peintres, sculpteurs, graveurs... hommes et femmes aussi. Il y a une importance des femmes. Les femmes du Jiangnan, c'est un beau sujet aussi. En tout cas c’est ce que nous espérons, je ne vais pas faire long... pour nous il est temps aussi, (c'est) un processus dans les recherches que nous faisons depuis des années, nous ne sommes pas seuls. Je parlais avec Éric Lefebvre le directeur du musée Cernuschi, des gens avec qui nous travaillions évidemment, des universités. Il s'agit vraiment de concentrer et de donner de l'importance au rayonnement à ce sujet, à cette relation particulière entre la France et la Chine dans le domaine des beaux-arts, et aussi l'importance de la région de Suzhou et du Jiangnan dont on a parlé avec directeur Ge de faire de Suzhou, par sa qualité et profondeur, le centre de cette recherche, de cette conservation de mémoire entre la France et la Chine dans le domaine des beaux-arts.