Introduction:
Le « patron » était le pivot de la vie d’un jeune artiste avant que ce dernier n’en devienne un lui-même. La carrière débutait par une vocation précoce ; un talent révélé en dessin à travers des carnets menait l’enfant à l’atelier d’un maître. Auprès de ce second père et parmi les autres aspirants-artistes, le jeune y apprenait les secrets du métier tout en tissant un réseau de relations fait de fidèles amitiés et d’inimitiés tenaces. En effet, le système des Beaux-Arts dominait la vie artistique et son principe était la compétition : aux concours de l’Ecole des beaux-arts puis au Salon, ou pour obtenir les grandes commandes publiques. La clientèle privée, celle de haut vol, grands aristocrates et capitaines d’industrie, était la source de revenus pour l’artiste qui voulait joindre la reconnaissance à l’aisance matérielle. Enfin, la consécration venait de l’Institut, par la réception à l’Académie des beaux-arts voire l’Académie française qui donnait l’immortalité.
Contrairement à l’idée reçue, ce système qui vit Ingres sortir du giron de David comme Matisse de celui de Gustave Moreau, fut aussi celui des écoles modernes et du système marchand : Van Gogh était venu de Cormon avec Toulouse-Lautrec et Zao Wou-ki passa par l’Ecole des beaux-arts, fréquenta l’atelier d’Othon-Friesz à la Grande Chaumière, remporta un concours de dessin dont le jury comptait André Lhote et Marcel Gromaire...Enfin, à l’extrémité de sa carrière : l’élection à l’Académie des beaux-arts en 2002.
L’exposition retracera l’histoire des maîtres et de leurs élèves, dans l’intimité des ateliers ou dans la lumière des salons ; l’aventure de la création moderne fut aussi une aventure sociale, effort de transmission poursuivi d’hier à aujourd’hui, de génération en génération.
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